Les deux compartiments de l'assurance-vie
| Critère | Fonds euros | Unités de compte (UC) |
|---|---|---|
| Garantie du capital | Oui, à tout moment (brut de frais) | Non : le capital fluctue |
| Rendement moyen récent | ≈ 2,5 % en 2025 (avant prélèvements sociaux) | Variable : actions, immobilier, obligations... |
| Effet cliquet | Les intérêts acquis sont définitivement gagnés | Aucun : les gains peuvent s'évaporer |
| Frais de gestion typiques | 0,6 à 1 %/an | 0,5 à 1 %/an + frais propres des supports |
| Horizon adapté | Court-moyen terme, sécurité | Long terme (8 ans et plus) |
Le fonds euros : la sécurité qui rapporte peu (mais sûrement)
Le fonds euros est investi majoritairement en obligations. Son rendement moyen tourne autour de 2,5 % avant prélèvements sociaux (taux 2025, avec de gros écarts : de 1,5 % pour les contrats bancaires chargés en frais à plus de 3,5 % pour les meilleurs contrats en ligne, parfois bonifiés). Avec l'effet cliquet, chaque année de gains est verrouillée : c'est le bon support pour un projet à 2-5 ans ou la part sécurisée d'un patrimoine.
Source officielle : Service-Public, l'assurance-vie.
Les unités de compte : le moteur de performance (et de risque)
Les UC donnent accès aux marchés : fonds actions, ETF, immobilier (SCPI/SCI), obligations. Sur longue période, les actions mondiales ont historiquement rapporté 6 à 8 % par an en moyenne, mais avec des baisses intermédiaires de 30 à 50 % lors des crises. La règle d'or : n'y placer que l'argent dont vous n'aurez pas besoin avant 8 ans, le temps de traverser un cycle complet.
Quelle répartition selon votre situation ?
- Projet à moins de 5 ans (apport immobilier, travaux) : 100 % fonds euros. Aucun gain potentiel d'UC ne justifie de risquer un apport.
- Horizon 5-10 ans, profil prudent : 70 % fonds euros / 30 % UC diversifiées.
- Horizon 10 ans et plus, profil équilibré : 40-50 % fonds euros / 50-60 % UC.
- Long terme assumé (retraite à 20 ans) : la part d'UC peut dominer largement ; chaque versement régulier lisse les points d'entrée.
1 % de frais de gestion annuels sur les UC, ce sont environ 18 % de capital en moins au bout de 20 ans par rapport à un contrat à 0,5 %. Avant de choisir une répartition, choisissez un contrat sans frais d'entrée et aux frais de gestion sous 0,6 %, c'est plus déterminant que le pourcentage d'UC.
Le dosage selon l'horizon, chiffré
La répartition entre fonds en euros et unités de compte n'est pas une affaire de tempérament mais d'échéance. Voici l'effet du dosage sur un versement unique de 50 000 € projeté à long terme, avec des hypothèses de 2,5 % pour le fonds euros et 6 % pour les unités de compte.
| Répartition | Après 8 ans | Après 15 ans | Risque de baisse |
|---|---|---|---|
| 100 % fonds euros | ≈ 60 900 € | ≈ 72 400 € | Nul sur le capital |
| 50 / 50 | ≈ 70 400 € | ≈ 95 900 € | Modéré |
| 100 % unités de compte | ≈ 79 700 € | ≈ 119 800 € | Élevé à court terme |
Sur quinze ans, l'écart entre les deux extrêmes dépasse 47 000 €. Mais ces chiffres supposent que vous ne vendiez jamais au mauvais moment : c'est précisément ce que le fonds en euros garantit et ce que les unités de compte ne garantissent pas.
La fiscalité diffère aussi
Les prélèvements sociaux de 17,2 % sont prélevés chaque année sur les intérêts du fonds en euros, même sans retrait. Sur les unités de compte, ils ne sont dus qu'au moment du rachat, ce qui laisse les gains capitaliser plus longtemps. L'assurance-vie ayant été exclue de la hausse de 2026, ce taux reste à 17,2 % dans les deux cas.
Erreurs fréquentes
- Choisir 100 % fonds euros par prudence sur vingt ans. La sécurité absolue se paie par un rendement proche de l'inflation, donc une progression réelle quasi nulle.
- Mettre en unités de compte un projet à deux ans. Une baisse au mauvais moment compromet le projet lui-même, pas seulement la performance.
- Confondre unités de compte et actions. Elles couvrent aussi l'immobilier, l'obligataire et les fonds diversifiés, avec des niveaux de risque très différents.
- Ignorer les frais de gestion sur unités de compte. Ils s'ajoutent aux frais du support : un point de frais annule un sixième de la performance sur vingt ans.
Le débat fonds euros contre UC est souvent posé comme un choix de tempérament, prudent ou audacieux, alors que c'est un choix de calendrier. Notre grille tient en une phrase : datez chaque euro. L'argent qui a une échéance connue avant 5 ans va en fonds euros, point final ; l'argent sans échéance avant 10 ans peut aller en UC, où le temps neutralise statistiquement le risque. Le vrai danger n'est ni le fonds euros (qui perd doucement face à l'inflation) ni les UC (qui fluctuent), c'est l'inversion : des UC vendues en panique au pire moment pour financer un projet qu'on savait proche, ou trente ans d'épargne retraite laissés à 2,5 % par confort. Méfiez-vous aussi de la gestion pilotée vendue en agence : ses frais empilés mangent fréquemment l'essentiel du surcroît de performance promis.
Questions fréquentes
Le fonds euros garantit votre capital : vous ne pouvez pas perdre ce que vous y placez, mais le rendement est modéré. Les unités de compte (actions, immobilier) ne sont pas garanties : leur valeur peut baisser, mais le potentiel de rendement à long terme est bien plus élevé. Tout est une question d'horizon et de tolérance au risque.
Rarement l'un ou l'autre de façon exclusive. La plupart des contrats combinent les deux selon votre horizon : une part importante de fonds euros pour un projet à court terme, une part plus forte d'unités de compte si vous investissez sur 8 ans ou plus, où le temps lisse les fluctuations des marchés.
Le capital d'un fonds euros est garanti, vous ne pouvez donc pas le perdre nominalement. En revanche, si son rendement est inférieur à l'inflation, votre pouvoir d'achat diminue : vous perdez en valeur réelle. C'est la limite des supports 100 % sécurisés sur le long terme.