Les deux façons de payer ses impôts en auto-entrepreneur

En tant qu'auto-entrepreneur, vous avez le choix entre deux modes d'imposition :

ModeFonctionnementAvantage
Régime classique (IR)Déclarez votre CA sur la 2042-C PRO, imposé selon le barème après abattementAvantageux si revenus faibles
Versement libératoirePayez un % fixe à l'Urssaf en même temps que les cotisationsSimplicité, taux fixe et faible
4 MAuto-entrepreneurs en France
1%Taux VL activité vente
188 700 €Plafond CA vente 2026

Le versement libératoire : taux et conditions

Le versement libératoire (VL) est souvent avantageux pour les auto-entrepreneurs dont le revenu fiscal de référence n'est pas trop élevé. Conditions 2026 : votre RFR de l'année N-2 ne doit pas dépasser 27 478 € par part fiscale.

ActivitéTaux versement libératoire
Ventes de marchandises (BIC)1,0 %
Prestations de services (BIC)1,7 %
Prestations de services (BNC), professions libérales2,2 %
⚠️ Le VL n'est pas toujours avantageux

Si vos revenus globaux sont faibles (tranche à 0% ou 11%), le régime classique peut être moins cher. Comparez les deux scénarios avant de choisir. L'option VL se prend à la création ou avant le 30 septembre pour l'année suivante.

Les abattements du régime micro

Si vous n'avez pas opté pour le VL, vous déclarez votre chiffre d'affaires brut et le fisc applique automatiquement un abattement forfaitaire représentant vos charges :

ActivitéAbattementBase imposable
Ventes de marchandises71 %29 % du CA
Prestations de services (BIC)50 %50 % du CA
Professions libérales (BNC)34 %66 % du CA

Comment remplir sa déclaration d'impôts en auto-entrepreneur

  1. Remplissez votre déclaration 2042 classique comme tout contribuable (revenus du foyer)
  2. Ajoutez la déclaration 2042-C PRO (accessible en cochant la case correspondante dans votre espace impôts)
  3. Indiquez votre chiffre d'affaires brut de l'année dans la case correspondant à votre activité (BIC vente, BIC services ou BNC)
  4. Si vous êtes au VL : cochez la case VL et le fisc ne taxera pas une seconde fois ces revenus
  5. Validez, l'abattement et l'impôt sont calculés automatiquement
💡 N'oubliez pas la CFE

La Cotisation Foncière des Entreprises est due par tous les auto-entrepreneurs après la première année d'activité. Son montant varie selon votre commune et votre CA. Prévoyez entre 200 et 800 € selon les cas.

Les plafonds du régime micro en 2026

ActivitéPlafond CA 2026
Ventes de marchandises, hébergement188 700 €
Prestations de services (BIC et BNC)77 700 €

Au-delà de ces plafonds, vous basculez vers le régime réel (ou réel simplifié) l'année suivante, avec des obligations comptables plus lourdes.

Les trois abattements du régime micro

En micro-entreprise, vous n'êtes pas imposé sur votre chiffre d'affaires mais sur une fraction de celui-ci, après un abattement forfaitaire censé représenter vos charges.

ActivitéAbattementBase imposable sur 30 000 € de CA
Vente de marchandises (BIC)71 %8 700 €
Prestations de services (BIC)50 %15 000 €
Professions libérales (BNC)34 %19 800 €

Cet abattement est forfaitaire : il s'applique que vos charges réelles soient supérieures ou inférieures. Si vos frais dépassent nettement le pourcentage prévu, un régime réel devient plus avantageux, au prix d'une comptabilité complète.

Le versement libératoire, à comparer

Sous condition de revenu fiscal de référence, vous pouvez opter pour un prélèvement de l'impôt à la source, calculé directement sur le chiffre d'affaires : environ 1 % pour la vente, 1,7 % pour les services et 2,2 % pour les activités libérales. L'option est intéressante si vous êtes imposable, inutile voire pénalisante si vous ne l'êtes pas, puisque vous paieriez alors un impôt dont vous auriez été dispensé.

Provisionner, le réflexe vital

Cotisations sociales et impôt représentent une part importante des encaissements. Le seul mécanisme qui protège consiste à virer la provision sur un compte séparé dès l'encaissement, comme détaillé dans notre guide du budget à revenus irréguliers.

Erreurs fréquentes

  • Confondre chiffre d'affaires et revenu. Une part significative n'a jamais été à vous.
  • Opter pour le versement libératoire sans être imposable. Vous payez alors un impôt que vous ne deviez pas.
  • Ignorer les seuils de TVA. Leur dépassement change les obligations en cours d'année.
  • Rester au micro avec de grosses charges. Au-delà de l'abattement forfaitaire, le régime réel devient plus favorable.
✏️ Notre analyse

Le versement libératoire séduit par sa simplicité, mais il piège souvent les auto-entrepreneurs débutants dont le revenu global (salaire + activité) les place en réalité dans la tranche à 11%. Dans ce cas, payer 1,7% sur le CA alors que le taux marginal réel est de 11% sur seulement 50% du CA revient à surpayer. Notre recommandation : simulez les deux options sur urssaf.fr avant de choisir, et révisez chaque année si votre situation change.

Questions fréquentes

Via la déclaration 2042-C PRO sur impots.gouv.fr, en plus de la 2042 classique. Vous indiquez votre CA brut dans la case correspondant à votre activité. Si vous êtes au versement libératoire, cochez la case dédiée.

C'est une option permettant de payer l'impôt sur le revenu directement à l'Urssaf, en même temps que les cotisations sociales. Le taux varie de 1% à 2,2% selon l'activité. Pratique mais pas toujours avantageux selon votre situation globale.

Oui, la déclaration de CA auprès de l'Urssaf (mensuelle ou trimestrielle) est obligatoire même si le CA est nul. Il faut déclarer "0". Sans déclaration, l'Urssaf peut estimer forfaitairement vos cotisations.

188 700 € pour les activités de vente et 77 700 € pour les prestations de services. Ces plafonds sont revalorisés tous les 3 ans selon l'inflation.