11,5 %Taxe forfaitaire à la revente
5 à 15 %Allocation souvent conseillée
0 %TVA sur l'or d'investissement

Source officielle : economie.gouv.fr, vente d'objets précieux.

Or physique ou or papier

On investit dans l'or de deux façons. L'or physique (lingots, lingotins, pièces comme le Napoléon ou le Krugerrand) que l'on détient réellement, avec une question de stockage et d'assurance. L'or papier (ETC et fonds adossés à l'or) que l'on achète en bourse, plus simple et liquide, mais sans posséder le métal. Le choix dépend de votre objectif : protection patrimoniale tangible ou exposition financière souple.

Pourquoi l'or, et combien

L'or ne verse ni intérêt ni dividende : il ne « rapporte » pas, il protège. Son intérêt est sa décorrélation des marchés actions et son rôle de valeur refuge en période de crise ou d'inflation. C'est pourquoi il est vu comme une assurance plutôt qu'un moteur de performance. La plupart des conseillers évoquent une allocation mesurée, de l'ordre de 5 à 15 % du patrimoine, rarement davantage.

La fiscalité de la revente

L'achat d'or d'investissement n'est pas soumis à la TVA, et l'or n'entre pas dans l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière. À la revente, deux régimes : la taxe forfaitaire sur les métaux précieux, de 11,5 % du prix de vente (dont 0,5 % de CRDS), appliquée par défaut sans justificatif ; ou, sur option et avec facture, le régime des plus-values réelles (19 % d'impôt plus prélèvements sociaux), assorti d'un abattement de 5 % par an au-delà de la deuxième année et d'une exonération totale après 22 ans de détention.

Les pièges à éviter

Méfiez-vous des primes excessives sur certaines pièces, des frais de stockage qui grignotent la performance, et des vendeurs peu transparents. Conservez précieusement vos factures nominatives : sans elles, impossible d'opter pour le régime des plus-values, souvent plus avantageux en détention longue. Enfin, gardez à l'esprit que l'or est volatil à court terme : c'est un placement de fond de portefeuille, pas un pari de court terme.

Les deux régimes de revente, comparés

À la revente, vous avez le choix entre deux régimes. Le second n'est accessible que si vous détenez une facture nominative, ce qui rend la conservation des justificatifs déterminante.

Taxe forfaitaireRégime des plus-values
AssiettePrix de vente totalPlus-value réelle
Taux11,5 %19 % + prélèvements sociaux
Abattement pour duréeAucun5 % par an au-delà de la 2e année
Exonération totaleJamaisAprès 22 ans de détention
Justificatif requisAucunFacture nominative obligatoire

Cas concret : revente de 20 000 € d'or

La taxe forfaitaire coûte 2 300 €, quelle que soit la plus-value. Si vous détenez l'or depuis quinze ans avec facture, l'abattement de 5 % par an au-delà de deux ans efface 65 % de la plus-value, ce qui rend le régime des plus-values presque toujours plus favorable. Après 22 ans, l'exonération est totale. En revanche, sans facture, vous êtes enfermé dans les 11,5 %, même après trente ans de détention.

La prime, le coût invisible de l'or physique

Une pièce ou un lingot se paie au-dessus de la valeur du métal, avec un écart appelé prime. Elle peut atteindre plusieurs pourcents et n'est pas garantie à la revente. Ajoutez le coffre ou l'assurance et vous obtenez un coût de portage réel, à intégrer dans un placement qui ne verse par ailleurs ni intérêt ni dividende, contrairement à un ETF ou une SCPI.

Erreurs fréquentes

  • Jeter ses factures. C'est le seul document qui ouvre l'accès au régime des plus-values et à l'exonération après 22 ans.
  • Acheter des pièces à forte prime. Une prime élevée doit être récupérée à la revente, ce qui n'a rien d'automatique.
  • En faire le cœur de son patrimoine. L'or ne produit aucun revenu : au-delà de 10 à 15 %, il pénalise la performance longue.
  • Confondre or physique et minières. Les actions de sociétés aurifères suivent aussi les marchés actions, avec une volatilité supérieure au métal.
✏️ Notre analyse

L'or divise, et c'est normal : il ne produit rien. Notre conviction : il faut le voir non comme un placement de rendement mais comme une assurance contre les scénarios extrêmes, à doser avec parcimonie. Une poche de 5 à 10 % peut stabiliser un patrimoine sans le plomber, à condition de ne pas en faire le cœur de son épargne, ce qui reviendrait à renoncer durablement aux intérêts composés des actions. Côté pratique, la règle d'or fiscale tient en un mot : conservez vos factures. C'est elles qui, en détention longue, ouvrent l'accès au régime des plus-values et à l'exonération après 22 ans, bien plus favorable que la taxe forfaitaire pour qui détient depuis longtemps.

Questions fréquentes

Deux voies : l'or physique (lingots, pièces), que vous détenez et devez stocker, ou l'or papier (ETC adossés à l'or), acheté en bourse et plus simple à gérer. Pour débuter, l'or papier est souvent plus accessible ; l'or physique répond à une logique patrimoniale de protection tangible.

À la revente, la taxe forfaitaire sur les métaux précieux est de 11,5 % du prix de vente. Sur option, avec une facture, vous pouvez choisir le régime des plus-values réelles, avec un abattement de 5 % par an après deux ans et une exonération totale après 22 ans de détention.

L'or ne rapportant ni intérêt ni dividende, il joue un rôle d'assurance plutôt que de moteur. Les conseillers évoquent souvent une allocation mesurée, autour de 5 à 15 % du patrimoine, pour diversifier sans renoncer au potentiel de croissance des autres placements.